Archive for mars, 2009

21
mar

Les liaisons dangereuses - Choderlos de Laclos

   Posted by: Guillaume    in Critiques romans

La jeune Cécile de Volanges, qui va sortir du couvent pour être mariée par sa mère, Mme de Volanges, à un certain Gercourt. La marquise de Merteuil, amie de Mme de Volanges, décide de profiter de l’occasion pour se venger d’une infidélité autrefois commise à ses dépens par Gercourt et charge le vicomte de Valmont, son ancien amant, de pervertir la jeune fille. Car la marquise et le vicomte sont tous deux des libertins qui se jouent de la société pudibonde en multipliant les aventures, et se narrent mutuellement leurs “exploits”, chacun cherchant à étonner l’autre. Mais le vicomte veut séduire la présidente de Tourvel, jeune dévote mariée et vertueuse, et Cécile s’éprend très rapidement du chevalier Danceny. Mais la marquise ne lâche pas le morceau, et convainc finalement le vicomte “d’éduquer” la jeune fille alors qu’il vient juste de séduire la présidente de Tourvel.

Ce grand classique de la littérature française n’est, que je me souvienne, que le deuxième roman épistolaire que j’aie lu (le premier étant Les Lettres Persannes de Montesquieu). Mais la lecture de ce roman m’a fait découvrir que je pouvais prendre du plaisir à lire une œuvre si complexe, et ce grâce à sa richesse. Tout d’abord, celle de la grammaire : quel étonnement de lire du subjonctif imparfait à toutes les pages, alors que ce temps a disparu des livres actuels! Ensuite vient le temps de la redécouverte du vocabulaire de l’époque, désuet mais si plaisant! Et que dire de la narration et de la diversité des styles, chaque épistolier ayant une rhétoriques particulière ? On navigue entre les tempérament, et malgré le respect des conventions dans chacune des Lettres, toutes sont différentes, les genres se mélangent et surtout, les caractères se découvrent. Au fil des Lettres se déroule la même histoire, vécue - et racontée - différemment par les épistoliers, qu’ils soient bourreau ou victime, amant ou parent, ennemi ou confident… Dans ce mélange de point de vue se dévoile des plans retors conçus par des libertins machiavéliques pour assouvir leurs désirs… Ou mettre à mal la pudibonderie de la société où ils évoluent ? Le respect des conventions, l’hypocrisie, le libertinage, la dévotion, la fidélité… Chaque notion abordée trouve son contraire dans une autres Lettres, et chaque personnage défend - à sa manière - sa position. Les rapports s’inversent, les stratagèmes sont dévoilés et les désirs mis à nus, et la profusion des sentiments nous attire pour notre plus grand plaisir dans la spirale infernale du libertinage.

Ce délice littéraire est donc pour moi une très agréable découverte, mais je le conseille tout de même qu’aux bons lecteurs et aux amateurs de la langue française dans toute sa diversité - et dans toute sa complexité. Malgré le fait que certaine Lettres soient trop longue et les expressions parfois trop détournées (trois paragraphes pour demander une réponse, cela impatiente le lecteur), ce roman mérite donc - pour moi - son statut de grand classique.

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Même si il est l’un, sinon le lycéen le plus doué du Japon,Yagami Raito ne se satisfait pas de sa vie monotone dans un monde qu’il décrit comme perverti par le pouvoir et l’argent. Son rêve est de devenir un grand policier et de prendre la tête de la cellules des enquêtes du Japon. Mais un événement imprévu va lui permettre de faire justice plus tôt qu’il ne le croit… Il trouve un jour une Death Note perdue volontairement par Ryuuku, une shinigami (dieu de la mort) qui s’ennuit tout autant que le lycéen et qui souhaite s’amuser. Avec ce fantastique cahier, Raito découvre un pouvoir… plutôt morbide : s’il y inscrit le nom d’une personne dont il connait le visage, celle-ci mourra d’une crise cardiaque. C’est ainsi que le lycéen épris de justice ce transforme en Kira et tue tous les criminels qu’il peut, afin de forger un nouveau monde de justice dont il serait le Dieu. Mais Interpol n’est pas du même avis, et veut capturer le meurtrier de criminels. Devant le manque de renseignements à ce sujet, il font appel à L, un mystérieux mais très talentueux détective dont ont ne connait ni le nom ni le visage. Celui-ci fait appel à la police japonaise pour l’aider, et le chef de celle-ci étant le père de Raito, celui-ci obtient le droit de participer à l’enquête. Mais le détective de génie se doute très vite que Raito n’est autre que Kira, et celui-ci cherche à tout pris le véritable nom de L pour le supprimer. S’engage alors un bras de fer entre les deux surdoués….

Même si c’est un shonen, ce manga ne souffre pas des défauts majeurs de ce genre de manga, et ce grâce à une psychologie des personnages développée avec brio. Toute l’histoire est articulée en partie autour de cette psychologie, chacun tentant de prévoir les réactions de son adversaire pour l’amener à faire un faux-pas. On découvre iune partie d’échec psychologique que se livrent les deux « héros », jouant habilement avec les règles du « Death note », un peu à la manière d’Asimov et ses 3 règles de la robotique.
Le scénario est d’une complexité épatante et d’une originalité extraordinaire, et mélange habilement les genres. Sur fond d’histoire policière entremêlée de fantastique, la scénariste nous amène vite à nous poser la question cruciale : que ferait-on avec ce pouvoir entre les mains ? Ce manga développe donc vite une dimension philosophique, que défendent les protagonistes avec une logique implacable faisant (souvent) froid dans le dos.
Malgré tout, il reste plusieurs choses à reprocher à ce manga. Tout d’abord, la situation improbable digne d’un shonen où l’on se trouve : des lycéen beaux, forts et intelligents, une « héroïne » sexy et niaise… Ça fait un peu cliché, mais surtout l’histoire perd de sa crédibilité. De plus, il y a parfois (souvent) trop de descriptions, de textes… On sent que la scénariste a eu du mal à faire passer le message, et l’histoire s’alourdit.

Pour conclure, je dirai que ce manga au dessin beau et précis m’a séduit, mais qu’il reste un shonen…

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