La jeune Cécile de Volanges, qui va sortir du couvent pour être mariée par sa mère, Mme de Volanges, à un certain Gercourt. La marquise de Merteuil, amie de Mme de Volanges, décide de profiter de l’occasion pour se venger d’une infidélité autrefois commise à ses dépens par Gercourt et charge le vicomte de Valmont, son ancien amant, de pervertir la jeune fille. Car la marquise et le vicomte sont tous deux des libertins qui se jouent de la société pudibonde en multipliant les aventures, et se narrent mutuellement leurs “exploits”, chacun cherchant à étonner l’autre. Mais le vicomte veut séduire la présidente de Tourvel, jeune dévote mariée et vertueuse, et Cécile s’éprend très rapidement du chevalier Danceny. Mais la marquise ne lâche pas le morceau, et convainc finalement le vicomte “d’éduquer” la jeune fille alors qu’il vient juste de séduire la présidente de Tourvel.
Ce grand classique de la littérature française n’est, que je me souvienne, que le deuxième roman épistolaire que j’aie lu (le premier étant Les Lettres Persannes de Montesquieu). Mais la lecture de ce roman m’a fait découvrir que je pouvais prendre du plaisir à lire une œuvre si complexe, et ce grâce à sa richesse. Tout d’abord, celle de la grammaire : quel étonnement de lire du subjonctif imparfait à toutes les pages, alors que ce temps a disparu des livres actuels! Ensuite vient le temps de la redécouverte du vocabulaire de l’époque, désuet mais si plaisant! Et que dire de la narration et de la diversité des styles, chaque épistolier ayant une rhétoriques particulière ? On navigue entre les tempérament, et malgré le respect des conventions dans chacune des Lettres, toutes sont différentes, les genres se mélangent et surtout, les caractères se découvrent. Au fil des Lettres se déroule la même histoire, vécue - et racontée - différemment par les épistoliers, qu’ils soient bourreau ou victime, amant ou parent, ennemi ou confident… Dans ce mélange de point de vue se dévoile des plans retors conçus par des libertins machiavéliques pour assouvir leurs désirs… Ou mettre à mal la pudibonderie de la société où ils évoluent ? Le respect des conventions, l’hypocrisie, le libertinage, la dévotion, la fidélité… Chaque notion abordée trouve son contraire dans une autres Lettres, et chaque personnage défend - à sa manière - sa position. Les rapports s’inversent, les stratagèmes sont dévoilés et les désirs mis à nus, et la profusion des sentiments nous attire pour notre plus grand plaisir dans la spirale infernale du libertinage.
Ce délice littéraire est donc pour moi une très agréable découverte, mais je le conseille tout de même qu’aux bons lecteurs et aux amateurs de la langue française dans toute sa diversité - et dans toute sa complexité. Malgré le fait que certaine Lettres soient trop longue et les expressions parfois trop détournées (trois paragraphes pour demander une réponse, cela impatiente le lecteur), ce roman mérite donc - pour moi - son statut de grand classique.
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