Les origines
Dans un cube, à moins que ce soit une sphère, ou bien un rectangle, ou alors… Bref, dans un espace infini parce que personne n’était là pour trouver les délimitations exactes de cet espace sans fin, il y avait le néant. Pas le vide, oh non! Mais quelque chose avec encore moins de consistance que le vide. Celui-ci n’est d’ailleurs qu’une chose banale, simplement issue de l’opposition entre un endroit où il y a quelque chose et un autre où il n’y a rien. Mais dans cet espace, on ne pouvait pas parler de vide, car on avait aucun référentiel pour dire que c’était vide. C’était le néant, composé de rien et non pas de vide. Et puis il fait noir… Un noir si sombre que l’on pourrait être aveugle que l’on ne verrai pas de différence avec les ténèbres que l’on observe.
Puis des vagues de silence apparaissent, immatérielles et irréelles car personne n’est là pour les voir. Personne, car nous ne sommes que des observateurs venus d’après - ou d’avant, tout dépend de comment l’on se place. Ces vagues, ancêtres des ondes, frappent nos oreilles sourdes, et annoncent l’arrivée prochaine de…
L’apparition.
Elle émerge du brouillard de ténèbres. Sa taille, personne ne la connaitra jamais. Peut-être que c’est un colosse démesuré, si imposant que… Ou peut-être est-ce un chétif animal d’une taille infinitésimale. Elle est au moins d’une dimension suffisante pour que nous puissions la voir, et c’est ce qu’il faut pour que nous ayons l’occasion d’observer l’évènement capital qui va se dérouler. Sa vitesse est-elle aussi inconnue, mais c’est là aussi un détail secondaire. Elle monte - ou descend - par à gauche -ou à droite - et s’arrête. Puis repart, en laissant sur place les restes d’une collation prise précédemment. Qu’a-t-elle mangée, dans ce néant ? Nul ne le sait encore…
Mais maintenant, le néant n’est plus. L’acte banal c’est transformé en un mémorable événement : le temps et l’espace sont nés, et la notion de distance fait son entrée à côté de « Temps 0 », date d’apparition du monde.
Et sur ce monde entouré de néant vont avoir lieu de drôles d’expériences faites par ce qu’on appellera plus tard la nature, et qui déboucheront sur des êtres unicellulaires. Bien que très primitives, elles vont se développer, suivant le cours d’une évolution tendant à toujours plus de capacités. Après moult hauts et bas, apparaît déjà une espèce qui entend dominer toutes les autres, mais elle disparaît, victime d’on ne sait quel phénomène. Puis une autre espèce apparaît et veut se situer en haut de l’échelle de l’évolution. En un temps si court qu’il paraitrait fulgurant à un observateur extérieur, ils tiennent le haut du pavé, ou du moins pensent qu’ils le tiennent. Bientôt, ils se rendent compte que pour être les maitres, il faut maitriser même l’inexpliqué, et ils commencent à avoir des croyances répondant à toutes les questions qu’ils sont amenés à rencontrer. La peur de l’inconnu leur fait accepter toutes sortes d’explication, et ces pseudo-sciences guident leur marche.
Mais des esprits plus clairvoyant, en rupture avec leur temps, ne veulent pas de cet état de fait. D’abord accusés de trahison, ils arrivent à imposer leurs points de vue à de plus en plus de personnes, et répondent à beaucoup de questions avec des théories toujours plus compliqués.
Et ils s’attaquent à ce qu’ils considèrent comme étant LA question : celles de leur origines, puis l’origine du monde qui les entourent. Ils veulent oublier les anciennes croyances, qui affirment que l’univers aurait été créé grâce à la bienveillance d’une entité supérieure. Peut-être n’est-ce pas faux…
