Posts Tagged ‘roman’

21
mar

Les liaisons dangereuses - Choderlos de Laclos

   Posted by: Guillaume    in Critiques romans

La jeune Cécile de Volanges, qui va sortir du couvent pour être mariée par sa mère, Mme de Volanges, à un certain Gercourt. La marquise de Merteuil, amie de Mme de Volanges, décide de profiter de l’occasion pour se venger d’une infidélité autrefois commise à ses dépens par Gercourt et charge le vicomte de Valmont, son ancien amant, de pervertir la jeune fille. Car la marquise et le vicomte sont tous deux des libertins qui se jouent de la société pudibonde en multipliant les aventures, et se narrent mutuellement leurs “exploits”, chacun cherchant à étonner l’autre. Mais le vicomte veut séduire la présidente de Tourvel, jeune dévote mariée et vertueuse, et Cécile s’éprend très rapidement du chevalier Danceny. Mais la marquise ne lâche pas le morceau, et convainc finalement le vicomte “d’éduquer” la jeune fille alors qu’il vient juste de séduire la présidente de Tourvel.

Ce grand classique de la littérature française n’est, que je me souvienne, que le deuxième roman épistolaire que j’aie lu (le premier étant Les Lettres Persannes de Montesquieu). Mais la lecture de ce roman m’a fait découvrir que je pouvais prendre du plaisir à lire une œuvre si complexe, et ce grâce à sa richesse. Tout d’abord, celle de la grammaire : quel étonnement de lire du subjonctif imparfait à toutes les pages, alors que ce temps a disparu des livres actuels! Ensuite vient le temps de la redécouverte du vocabulaire de l’époque, désuet mais si plaisant! Et que dire de la narration et de la diversité des styles, chaque épistolier ayant une rhétoriques particulière ? On navigue entre les tempérament, et malgré le respect des conventions dans chacune des Lettres, toutes sont différentes, les genres se mélangent et surtout, les caractères se découvrent. Au fil des Lettres se déroule la même histoire, vécue - et racontée - différemment par les épistoliers, qu’ils soient bourreau ou victime, amant ou parent, ennemi ou confident… Dans ce mélange de point de vue se dévoile des plans retors conçus par des libertins machiavéliques pour assouvir leurs désirs… Ou mettre à mal la pudibonderie de la société où ils évoluent ? Le respect des conventions, l’hypocrisie, le libertinage, la dévotion, la fidélité… Chaque notion abordée trouve son contraire dans une autres Lettres, et chaque personnage défend - à sa manière - sa position. Les rapports s’inversent, les stratagèmes sont dévoilés et les désirs mis à nus, et la profusion des sentiments nous attire pour notre plus grand plaisir dans la spirale infernale du libertinage.

Ce délice littéraire est donc pour moi une très agréable découverte, mais je le conseille tout de même qu’aux bons lecteurs et aux amateurs de la langue française dans toute sa diversité - et dans toute sa complexité. Malgré le fait que certaine Lettres soient trop longue et les expressions parfois trop détournées (trois paragraphes pour demander une réponse, cela impatiente le lecteur), ce roman mérite donc - pour moi - son statut de grand classique.

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20
fév

Les Cantos d’Hypérion (Dan Simmons)

   Posted by: Guillaume    in Coup de coeur, Critiques romans

hyperion_t1-1_s5hyperion_t1-2_sEn 2862, Meina Gladstone, la présidente de l’Hégémonie, doit faire face à une situation sans précédent : les extros veulent envahir le Retz, l’ensemble des planète reliées entre elles par un réseau de “téléportation” maintenu par les IA du Technocentre, alors que ceux-ci veulent faire secession pour créer leur propre Dieu, sous la forme d’une intelligence ultime. Mais la présidente doit aussi composer avec les militaires qui prônent la guerre totale, ainsi qu’avec les Chevaliers du Muir (ou Templiers), fervents écologistes aux desseins mystérieux, et enfin avec l’Eglise de l’Expiation Finale (ou Eglise Gritchtéque), qui prédit la fin monde imminente. En effet, ils affirment que le Gritche va sortir des tombeaux du temps, ensemble de monuments venus du futurs. Tous les espoirs de la présidente ne peuvent donc reposer que sur sept pélérins qu’elle a envoyés aux tombeaux du temps. Au cours de leur voyage vers ce qui pourrait être leur fin, on apprend les histoires étonnantes des pélerins…

La grande originalité du tome 1, c’est le mode de narration. Déjà, pas de héro à proprement parler, mais plutôt un ensemble de personnages plus ou moins principaux, tous avec une psychologie approfondie par l’auteur et la vie de chacun d’eux ferait elle-même le sujet d’un roman. Les aventures de ces simples humains sur les différentes planètes qu’ils ont traversés laissent à Dans Simmons lapossibilité de créer un livre-univers, à la manière de Dune mais de façon encore plus poussée du fait du nombre de monde, de couches sociales et d’histoires traversés. Autre élément interessant, la reprise de tous les “clichés” classique de la SF par l’auteur (menace extraterrestre, voyage inter-stellaire, téléportation, voyage dans le temps…) mais de manière originale. Le traditionnel combat homme/machine est bouleversé, et l’humanité devra se battre contre des IA qui n’ont pas de corps physique, et les enjeux n’en sont que plus intéressants. Enfin, et c’est vraiment le point d’orgue de cette œuvre, il y a la présence du Gritche, Dieu vaguement humanoïde et monstre robotique énigmatique qui apporte avec lui son lot d’émotions toutes plus contradictoires les unes des autres (peur, fascination, admiration…) et un cortège sans fin de questions philosophiques sur le devenir de l’homme.

Hypérion est donc sous bien des rapports un monuments de la SF, un livre à lire absolument pour les amateurs du genre et même pour tos les autres! Une écriture de qualité, un scénario époustouflant, des personnages étonnants, un suspense digne des meilleurs polar, et surtout une originalité sans bornes font de ce livre un de mes préférés à ce jour. Il y a une suite, Endymion, dont je vous parlerai dès que j’aurai pu la lire.

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20
fév

Dune (Frank Herbert)

   Posted by: Guillaume    in Coup de coeur, Critiques romans

herbertdunep-23dune21Le duc Leto Atreïde a reçu de la part de l’empereur l’ordre de reprendre en main la planète Arrakis, alors fief des Harkonnen, ennemis jurés de la famille Atreïde, et seul endroit de l’empire où l’on peut trouver l’Epice, qui est necessaire pour tous les voyages spatiaux. Mais un complot ourdi par l’empereur et le duc Harkonnen met un terme au jours du duc Atreïde et oblige sa femme ainsi que son fils Paul à fuire dans les immenses contrées désertiques qui couvrent Dune (l’autre nom d’Arrakis). Ils sont receuillis par les Fremen, ces étranges et fascinants guerriers du désert, qui voient en Paul leur libérateur, celui qui trouvera l’eau et qui saura les commander. Il devient donc Muad’dib et entreprend la libération de la planète du joug des Harkonnen et de l’empereur…

Politique, diplomatie, art de gouverner,  économie (avec une matière premiere désirée par tous, l’Epice), écologie, histoire, religion… Tous ces sujets actuels sont traités dans ce grand classique de Science-Fiction publié en 1965. Ce qui fascine, c’est l’extraordinaire complexité du monde décrit avec génie par Frank Herbert : des dizaines de personnages aux caractères profonds, des description a couper le souffle et surtout la grande diversité de ce qu’on trouve dans le livre! L’exemple le plus frapant est celui des Fremen, ce peuple du désert, aux moeurs si bien pensés par l’auteur. De même, la psychologie de Paul, le héro, est énormement développé, et on n’a pas l’impression de suivre les aventures d’un “beau chevalier au coeur pur partit à la recherche de la princesse”, et loin sans faut. Non, on trouve là un personnage torturé, qui a plusieurs rôles à assumer, qui doit faire des choix parfois déchirants comme de rejeter son seul et unique amour pour conclure un mariage politique, et qui devient attachant.

Quel bonheur de lire et relire ce livre magnifique, récompensé par le prix Nebula en 1965 et le prix Hugo en 1966! Au départ publié en un seul tome, il est publié en version française en deux tomes (Dune 1 et Dune 2). Attention de ne pas se tromper, car il existe plusieurs suites, sous-cycles, variantes et autres histoires “presque hors-sujet mais pas tout à fait vu que ça parle de Dune ou des Atreïde” et qui n’ont pas la saveur du récit original, sauf pour le Messie de Dune, qui constitue une suite logique et qui est tout aussi savoureux.

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19
fév

L’analyste (John Katzenbach)

   Posted by: Guillaume    in Critiques romans

l'analyste

Le jour de ses 53 ans, Frederick “Ricky” Starks reçoit une étrange lettre, dont les premiers mots bouleversent le psychanalyste confortablement installé dons son existence : “Heureux 53e anniversaire, docteur. Bienvenu au premier jour de votre mort.”. Le docteur doit trouver en moins de deux semaines l’auteur de cette lettre, sous peine de devoir se suicider ou voir un membre de sa famille mourir. S’engage alors une course contre la montre, et l’analyste devra partir à la recherche de son passé  avant de trouver l’auteur de la missive qui semble être le fils d’une patiente oubliée…

La première partie de ce roman nous montre un docteur désorienté, qui subit sans réagir. Son esprit prostré, tourné vers son propre passé, ne nous livre malheureusement que des réflexions d’un psychologue doutant de lui-même, d’où quelques lenteurs au sein de l’histoire. Mais l’auteur se rattrape superbement dans la suite de l’histoire, quand “Ricky” enquête non plus sur son passé, mais sur celui de son ancienne patiente. Avec un état d’esprit neuf et résolument tourné vers l’avenir, l’analyste nous prépare une vengeance… savoureuse!

En bref, une belle surprise que ce livre (Grand Prix de Littérature Policière - Romans Etrangers en  2004), malgré un début difficile. La fin est elle aussi malheuresement étonnante, car si la qualité de l’écriture reste la même, le scénario souffre d’un docteur ne profitant pas pleinement de sa vengeance…

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